Christophe Vigouroux, conseil en gestion de patrimoine
Retraite

PER (Plan d'Épargne Retraite)

Le PER sert à préparer un complément de revenus pour la retraite, avec un avantage à l'entrée : les versements se déduisent du revenu imposable. En contrepartie, l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage) et l'économie d'impôt se rattrape en partie à la sortie.

Pourquoi ça peut être utile

  • Se constituer un complément de revenus pour la retraite, en capital ou en rente.
  • Réduire son impôt sur le revenu dès l'année du versement, d'autant plus que la tranche marginale est élevée.
  • Regrouper d'anciens dispositifs (PERP, Madelin, article 83, Perco) sur une seule enveloppe.
  • Lisser son imposition : déduire pendant les années à hauts revenus, retirer pendant les années à revenus plus faibles.

Pour qui

  • Vous êtes imposé à une tranche marginale de 30 % ou plus : l'avantage à l'entrée est significatif.
  • Vous avez un horizon retraite lointain et une épargne que vous n'aurez pas besoin de mobiliser avant.
  • Vous êtes travailleur non salarié et cherchez à absorber un revenu variable d'une année à l'autre.
  • Vous voulez compléter une assurance-vie, sans la remplacer.

Les avantages

  • Déduction des versements du revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel reportable sur 5 ans depuis 2026.
  • Effet de levier fiscal : à une tranche marginale de 41 %, 1 000 € versés coûtent 590 € après impôt.
  • Sortie souple à la retraite : capital en une ou plusieurs fois, rente viagère, ou combinaison des deux.
  • Déblocage anticipé possible pour l'achat de la résidence principale et en cas d'accident de la vie.

Points de vigilance

  • L'épargne est bloquée jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage prévus par la loi.
  • L'économie d'impôt à l'entrée n'est pas un cadeau : à la sortie, les versements déduits sont réimposés.
  • L'intérêt réel dépend de l'écart entre votre tranche marginale aujourd'hui et celle que vous aurez à la retraite.
  • Depuis 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles.
  • Comme pour l'assurance-vie, les frais du contrat varient beaucoup et pèsent sur le résultat.

Risques à connaître

  • Sur les supports en unités de compte, le capital n'est pas garanti et peut baisser.
  • Blocage long : en cas de besoin de liquidités hors cas prévus, l'épargne reste indisponible.
  • Mauvaise surprise fiscale à la sortie si la stratégie de rachat n'est pas anticipée.
  • Risque de défaillance de l'assureur (PER assurantiel) : encadré et rare, mais réel.

Comment ça marche

Vous ouvrez un PER individuel auprès d'un assureur ou d'un établissement bancaire et vous l'alimentez par des versements libres ou programmés. Chaque versement peut être déduit de votre revenu imposablede l'année, dans la limite d'un plafond. L'épargne est investie sur un fonds en euros et/ou des unités de compte, et reste indisponible jusqu'à votre départ en retraite, sauf déblocage anticipé prévu par la loi (achat de la résidence principale, décès du conjoint, invalidité, expiration des droits au chômage, surendettement, cessation d'activité non salariée). À la retraite, vous choisissez de sortir en capital, en rente viagère, ou les deux.

Le plafond de déduction

Chaque année, vous déduisez le plus élevé de ces deux montants : 10 % de vos revenus professionnels de l'année précédente, retenus dans la limite de 8 fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), ou 10 % du PASSsi c'est plus favorable. Le PASS est revalorisé chaque année : votre plafond exact figure sur votre avis d'impôt, à la rubrique « plafond épargne retraite ».

  • Un exemple : un salarié qui a perçu 60 000 € de revenus professionnels nets l'année précédente peut déduire jusqu'à 6 000 €. S'il verse 5 000 € et que sa tranche marginale est de 30 %, son impôt baisse de 1 500 €.
  • Un plancher garanti : 10 % du PASS, déductible même sans revenu professionnel.
  • Un plafond maximum : 10 % de 8 PASS pour un salarié, quel que soit son revenu.
  • Pour un travailleur non salarié : s'ajoutent 15 % de la part du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Le calcul se fait sur le bénéfice et le PASS de l'année du versement, pas de l'année précédente. Avec 100 000 € de bénéfice, un TNS déduit ainsi 10 000 € (10 %), plus 15 % de la part de son bénéfice qui dépasse un PASS.
  • Report sur 5 ans : les plafonds non utilisés se reportent désormais sur 5 ans (contre 3 avant 2026). On consomme d'abord le plafond de l'année en cours, puis les reliquats.
  • Mutualisation : un couple marié ou pacsé peut additionner ses deux plafonds (hors fraction de 15 % propre aux TNS).

L'avantage fiscal, concrètement

L'économie d'impôt dépend de votre tranche marginale d'imposition. Pour 1 000 € versés, l'impôt baisse d'environ 110 € à 11 %, 300 € à 30 %, 410 € à 41 %, 450 €à 45 %. C'est pourquoi le PER est surtout intéressant à partir de la tranche à 30 %. En dessous, l'avantage à l'entrée est faible et peut ne pas compenser la réimposition à la sortie. On peut alors renoncer à la déduction à l'entrée pour être moins taxé à la sortie.

La sortie

La règle de fond : ce que vous avez déduit à l'entrée est réimposé à la sortie, et les gains sont taxés à part. Le détail dépend de la forme de sortie et du fait que vous ayez, ou non, déduit vos versements :

  • Sortie en capital, versements déduits : la part correspondant à vos versements est ajoutée à votre revenu imposable de l'année et soumise au barème (sans l'abattement de 10 % des pensions) ; la part de gains est taxée à part, au prélèvement forfaitaire de 12,8 % (ou au barème sur option), plus 18,6 % de prélèvements sociaux.
  • Sortie en capital, versements non déduits : vos versements sont récupérés sans impôt sur le revenu, comme sur une assurance-vie ; seuls les gains sont taxés (12,8 % ou barème, plus 18,6 % de prélèvements sociaux).
  • Sortie en rente, versements déduits : la rente est imposée comme une pension de retraite : barème de l'impôt sur le revenu avec l'abattement de 10 %, plus prélèvements sociaux sur une fraction.
  • Sortie en rente, versements non déduits : seule une fraction de la rente est imposable, selon votre âge à la mise en place (par exemple 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % à partir de 70 ans), sans l'abattement de 10 %, plus prélèvements sociaux.
  • Déblocage pour accident de la vie : invalidité, décès du conjoint ou partenaire de PACS, surendettement, expiration des droits au chômage, liquidation judiciaire : le capital sort sans impôt sur le revenu (aucune reprise de la déduction), seuls les gains supportent les prélèvements sociaux.
  • Déblocage pour l'achat de la résidence principale : à l'inverse, ce déblocage est traité comme une sortie en capital : les versements déduits sont réimposés au barème, les gains au prélèvement forfaitaire de 12,8 % plus 18,6 % de prélèvements sociaux.
  • Au décès : pour un PER assurantiel, le régime dépend de votre âge au décès : abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans (puis 20 %, 31,25 % au-delà de 700 000 €), abattement unique de 30 500 € après 70 ans. Un PER bancaire relève, lui, des droits de succession de droit commun.

L'idée à retenir : l'économie d'impôt de l'entrée se retrouve en partie à la sortie, sur la part des versements. Ce qui se joue, c'est l'écart de tranche entre les deux moments et l'étalement des retraits dans le temps : c'est le cœur du travail d'optimisation qu'on fait ensemble avant même d'ouvrir le plan.

Questions fréquentes

Le PER, est-ce que mon argent est bloqué ?

Oui, jusqu'à la retraite en principe. La loi prévoit des sorties anticipées : achat de la résidence principale, invalidité, décès du conjoint ou du partenaire de PACS, surendettement, expiration des droits au chômage, cessation d'activité non salariée à la suite d'une liquidation judiciaire.

Faut-il déduire ses versements ?

Pas toujours. La déduction est intéressante si votre tranche marginale d'imposition aujourd'hui est plus élevée que celle que vous aurez à la retraite. Sinon, vous pouvez choisir de ne pas déduire à l'entrée : les versements ne seront alors pas réimposés à la sortie.

Que devient le PER si je meurs avant la retraite ?

Le capital est transmis aux bénéficiaires que vous avez désignés. Pour un PER assurantiel, le régime fiscal est proche de celui de l'assurance-vie et dépend de votre âge au décès (avant ou après 70 ans).

PER ou assurance-vie ?

Ce ne sont pas des concurrents. Le PER a l'avantage fiscal à l'entrée et le blocage jusqu'à la retraite ; l'assurance-vie a la disponibilité et un cadre de transmission plus large. Beaucoup de stratégies utilisent les deux, pour des rôles différents.

Combien puis-je verser sur un PER ?

Autant que vous voulez : il n'y a pas de plafond de versement, seulement un plafond de déduction. Au-delà de ce plafond, vous pouvez continuer à verser sans avantage fiscal à l'entrée, et ces montants ne seront pas réimposés à la sortie.

En résumé : l'essentiel à retenir

  • Le PER prépare un complément de revenus pour la retraite, avec une déduction des versements du revenu imposable à l'entrée.
  • L'avantage à l'entrée dépend de votre tranche marginale : réellement intéressant à partir de 30 %, faible en dessous.
  • En contrepartie, l'épargne est bloquée jusqu'à la retraite (hors cas de déblocage) et les versements déduits sont réimposés à la sortie.
  • Plafond de déduction : 10 % des revenus professionnels de l'année précédente, entre 10 % du PASS et 10 % de 8 PASS pour un salarié (avec une part supplémentaire de 15 % pour un TNS), reportable sur 5 ans ; plus de déduction pour les versements effectués après 70 ans.
  • L'intérêt se joue sur l'écart de fiscalité entre aujourd'hui et la retraite, et sur la stratégie de sortie : c'est ce qui s'anticipe en rendez-vous.

Cette solution vous intéresse ?

Un premier échange téléphonique de 15 minutes, gratuit et sans engagement, pour comprendre votre situation. Si le PER peut vous être utile, on convient d'un rendez-vous pour chiffrer son avantage réel, entrée et sortie comprises.

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Christophe Vigouroux

Rédigé par Christophe Vigouroux, conseiller patrimonial à Saint-Leu, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26011381.
Mis à jour le .

Cette page a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de la réglementation. L'épargne d'un PER est bloquée jusqu'à la retraite, hors cas de déblocage prévus par la loi ; sur les unités de compte, le capital n'est pas garanti. Les informations fiscales sont données à jour de la loi de finances 2026 et peuvent évoluer. Toute décision doit s'appuyer sur une étude de votre situation.